De l'amour du jeu et des footeux made in France

J’écoutais OSSA l’autre soir. Et je me disais que ce « show » pourtant trop long, trop confus, trop bordélique était juste ce qu'il fallait pour son audience. OSSA EST le foot US français, de manière quasi parfaite. On y retrouve tout ce qui fait notre sport en France: Une bande de jeunes hommes, un peu marginaux, en tout cas complètement anti conformistes, passionnés et joyeux. Des gars qui ont choisi le football américain par hasard au cours de leur adolescence à l’age où l’on veut être différent et y ont trouvé une famille d’autres joyeux déjantés iconoclastes. Des hommes qui même 20 ans plus tard retrouvent dans ce sport le parfum de leurs années rebelles et ne voudraient le quitter pour rien au monde et surtout pas pour la « beaufitude » des sports à la Stade 2. Tant de passion et d’amour rend le footeux français exigeant, sur de lui, arrogant et moqueur . Il sait. Il connaît. Il bombe le torse sur le terrain comme en dehors. Il n’a jamais loupé un plaquage ou raté une assignation. Le footeux français n’est jamais dilettante, joue dans un club unique composé des meilleurs frappeurs de l’hexagone qui pourraient battre n’importe qui si ils faisaient pas autant la bringue. Toute cette adrénaline rend tout débat bouillant et brûlant, tout jugement définitif, toute « affaire » grave et décisive. L’avenir de notre sport, de notre club se joue chaque week end. Sur le terrain et en dehors. A fleur de peau le footeux français est ombrageux, fier et prétentieux et il l’assume. On ne plaisante pas avec le foot ou alors entre nous. En membre d‘une de ces « minorités opprimées » le footeux français est susceptible, un peu parano, méfiant et loyal. Mais il lui manque une chose, une chose dont il aurait pourtant tant besoin pour retrouver un peu de raison de temps en temps, quand il commence à prendre tout trop au sérieux. lui-même, son équipe, son sport, la NFL ou les connards de la fédé.
Il lui manque l’innocence. Le gamin. L’amour du jeu.

Le problème du footeux français c’est que comme tout les gosses de ce pays, il a passé les 12 premières années de sa vie à taper dans un ballon de foot dans la cour de la récré, à regarder l’OM ou le PSG entre Papa et Tonton le dimanche soir sur Canal et à coller les vignettes Panini du FC Metz comme des images saintes. A 8 ans il rêvait d’être Platini ou Zidane, leurs posters bien épinglés au dessus de son lit. Quand il a trouvé le foot US il n’avait plus le cœur à rire ou à rêvasser , il a appris les règles sur Madden en buvant de la bière en douce quelques « Penthouse » planqués sous son matelas. Quand il a dit à son père qu’il était allé voir « ça » pour de vrai celui ci a haussé les épaules et c’est justement pour ça qu’il y est retourné. Ensuite il a essayé de rattraper les 13 ans de retard pris sur n’importe quel gosse du Texas. Il s’est goinfré de vidéos, de journaux, de bouquins, a passé des nuits blanches à suivre des matchs se jouant à 5000 kilomètres de là, s’est mis à la muscu et n’a plus quitté cette nouvelle confrérie pleine d’autres assoiffés et boulimiques casqués. Il a appris l’histoire du sport, ses légendes. Il connaît les formations, les coachs, les grands moments. Mais rien n’y fera, il ne pourra jamais être un gamin de 6 ans de New Berlin, Arkansas qui rêve d’être Joe Montana en regardant le Monday Night Football assis entre Papa et Tonton. Il ne rattrapera jamais les parties de touch avec les copains l’après midi après l’école, ni les vendredis soir boueux dans les tribunes du stade du Lycée à applaudir aux exploits de ce grand benêt de cousin Jim. Pour lui le foot us ne sera jamais un souvenir innocent et sans enjeu d’une enfance paisible. Pour nous le foot us a toujours été une affaire sérieuse, un moyen de s’affirmer, de se montrer, de se comparer, de vérifier qui avait les plus grosses...
Oui nous sommes tous un peu des « vieux » de l’OSSA , un peu trop passionnés, un peu trop enflammés, un peu trop prétentieux. Comme tout les autodidactes on a pas pris assez de coups de règle sur les doigts .

Alors l’autre soir après l'émission d'OSSA j’ai ouvert ce vieux livre et suis retombé sur cette vieille illustration de Norman Rockwell. « The Referee ». Deux gosses à l’équipement minable, aux casques mal ajustés, capitaines de leurs toutes aussi minables équipes de high school, regardent la pièce jetée en l’air par un ref débonnaire. La lumière si nette des automnes du Nord Est américain éclaire la scène. On entrevoit parents et amis dans les petites tribunes en bois . Le match sera vraisemblablement bidon et peu importe. Ce n’est qu’un jeu, un truc de gosses. Y aura ni sacks de la mort, ni bombes de 50 yards. Pas de titre en jeu ni même de place en playoffs. Juste quelques bobos soignés par des mamans poules, peut être des larmes éphémères oubliées dès le sandwich au beurre de cacahouète du dîner. Avant que Papa ne s’énerve encore pour rien en gueulant devant un match sans importance des Yankees.

Et si on essayait d'être un peu plus souvent comme ces deux grands dadais? Amusons nous, soyons des gosses sur tout les terrains de France pendant cette saison qui va bientôt commencer. Plus que notre passion, plus que notre ambition, que ce soit l’envie de jouer comme du temps de nos matchs de soccer dans la cour des moyens qui soit notre guide!

2 commentaires:

  1. Je sais pas si l'on peut tous s'identifier à ce profil, il correspond sûrement plus au geek de la première heure

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